Photo © Renaud Camus
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Paru dans renaud-camus.org
Date 28/04/2000
Titre Lettre ouverte à Jean-Marie Cavada, Laure Adler et quelques autres
Auteur Christophe Panzer

Non, Renaud Camus n'est pas antisémite !

Le débat lancé par une presse en mal de polémique a quelque chose de surréaliste ; ainsi, Renaud Camus, précieux écrivain du temps qui passe, serait antisémite. L'ire des censeurs déclenchée par quelques phrases, malheureuses dans leur expression, extraites de « La Campagne de France » va-t- elle réussir à créer une nouvelle affaire Dreyfus ?

De quoi s'agit-il ? De quelques phrases totalement isolées de leur contexte. Du reproche formulé par Camus à l'encontre de quelques collaborateurs du défunt « Panorama » de France- Culture d'être juifs. Voilà le procès : pour réduire une voix au silence, on l'étouffe sous la calomnie. C'est ainsi que la France entière, celle qui lit, écoute et comprend a appris à connaître un auteur qui, depuis des années, dans son journal comme dans ses écrits divers, célèbre l'Autre sous toutes ses formes, sensuelle et culturelle.

Mais que l'on lise attentivement l'auteur. Les journalistes du « Panorama » avaient médit d'un des volumes du journal paru. Pour un écrivain, malheureusement resté confidentiel, s'entendre traîné dans la boue peut provoquer, comme chez chacun, tristesse, colère et frustration. Que cette colère se traduise en la soi- disant incrimination du fait d'être juif relève certes de l'aberration, une aberration « suspendue » dans le temps, comme le courroux, mais également d'un parti pris, longuement explicité dans des écrits antérieurs. « Le prix à payer pour le discours en « roue libre », le carrousel incontrôlé des « idées », c'est le discours antisémite de tous le plus inadmissible : une fois qu'on l'a tenu, on n'a plus rien à perdre et l'on peut dire littéralement n'importe quoi ».

Un auteur qui affirme souvent de manière récurrente qu'il « tient le sort infligé aux Juifs entre 1933 et 1945 pour le plus grand crime de l'histoire de l'humanité (qui pourtant regorge de crimes épouvantables) », peut- il sérieusement être taxé d'antisémitisme à cause d'une formulation « politiquement incorrecte » ?

N'y a-t-il pas quelque obscénité à vouloir réduire au silence une voix singulière ?

« …l'obscène c'est l'usage abusif des « armes absolues de langage ».
497. Qu'est-ce qu'une « arme absolue de langage » ?
498. Toute référence implicite ou explicite à des thèmes dont il suffit d'insinuer que votre adversaire entretiendrait à leur endroit des opinions hétérodoxes pour que lui se trouve réduit au silence, et déconsidéré à jamais. En même temps, et précisément pour ces raisons-là, justement parce que ce sont des thèmes interdits, ou terriblement dangereux, très étroitement surveillés, la tentation de s'y aventurer devient presque irrésistible, ne serait-ce que par jeu, par défi, par goût du risque, ou bien par dignité, pour affirmer sa liberté (…) ».

Jean-Marie Cavada et Laure Adler s'arrogent le pouvoir de réduire « La Campagne de France » à un brûlot antisémite à cause de quelques phrases d'un homme, qui affirme haut et fort dans ses écrits qu'il faudrait durcir la loi Gayssot afin que l'abomination du négationnisme ne puisse se propager !

Mais ce sont Jean-Marie Cavada et Laure Adler qui ont réduit leurs « collaborateurs juifs » au silence en supprimant ce moment important entre tous de la vie des lettres françaises et des provinces qu'était le « Panorama ». Les journalistes de l'émission se réjouiraient peut-être de pouvoir polémiquer avec leur diariste. Par ailleurs, que dire d'un éditeur qui avoue ne pas lire ce qu'il publie ?

Le nom du peuple élu doit-il être occulté au même titre que celui de son Dieu ?

Penseurs politiquement corrects, vous qui en leur temps célébriez Céline, Brasillach ou Drieu, n'incriminez point un esthète de la solitude dont le seul tort est d'être une voix singulière dans le consensus mou actuel, un homme qui affirme de lui : « Il parle son propre langage, voilà tout. Ceux qui croient que ce langage est destiné à les choquer ou à les irriter se méprennent. Ils font preuve, qui plus est, d'une bonne dose de vanité, selon lui. Ils ne sont pas l'aune de ses phrases. Lui ne pense pas à eux en écrivant. Au contraire, pour plus de liberté, il s'efforce de faire comme s'ils n'existaient pas ».

Au nom de la Liberté, gardons-nous de tout amalgame…


Les citations sont extraites de « Etc » et « P.A », tous deux parus chez POL.

Post-scriptum : Et rendez-nous Roger Dadoun et tous les collaborateurs du « Panorama »…


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