Photo © Renaud Camus
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Paru dans Le Canard Enchaîné
Date 26/04/2000
Titre Littéraire de ta race
Auteur Frédéric Pagès

Y aurait-il plusieurs mesures pour des propos antisémites ? Dans « La campagne de France : Journal 1994 », Renaud Camus écrit ceci : « Les collaborateurs juifs du “Panorama” [l'émission de France-Culture] exagèrent un peu tout de même : d'une part, ils sont à peu près quatre sur cinq à chaque émission, ou quatre sur six, ou cinq sur sept (...), ce qui constitue une nette surreprésentation d'un groupe ethnique ou religieux donné. » Sur sa lancée, Camus dénie aux juifs « le droit à être le porte-parole de l'expérience française telle qu'elle fut vécue pendant une quinzaine de siècle par le peuple français sur le sol de France ». C'est signé Renaud Camus et c'est publié chez Fayard, qui n'est pas un éditeur d'extrême droite. Inerrogé, le vice-PDG de cette respectable maison (qui a depuis retiré le bouquin de la vente) s'est expliqué : « Je ne l'avais pas lu. Je publie 200 nouveautés par an, je ne lis pas les 200 manuscrits. » Propos recueillis par « Libération » (21/4), qui, deux semaines plus tôt, avait consacré à Renaud Camus deux pleines pages d'éloges, sans un mot sur son spasme antisémite… L'hypothèse la moins grave pour le critique est qu'il n'a pas lu le passage en question…

Conclusion réjouissante : un journaliste peut faire l'éloge d'un bouquin qu'il n'a pas lu, publié par un éditeur qui ne l'a pas lu davantage. Ce qui en dit long sur l'importance de l'ouvrage et de son auteur… Pour se justifier Renaud Camus nous sert des arguments garantis cent pour cent littéraires à propos du mot « race », dans un autre passage de son livre : « J'emploie le mot au sens classique du français comme il l'est chez Racine, “le roi dernier de sa race”.»

Le festival d'âneries continue dans « Le Figaro » (22/4), dans la bouche d'Alain Finkielkraut, conscience nationale patentée, par ailleurs collaborateur de France-Culture : « Renaud Camus a eu tort de dire tout haut ce qu'il pensait tout bas et il a eu tort de la penser, mais je sais pour l'avoir lu qu'il pense aussi autre chose. » Ah bon ! Vivement que Finkielkraut nous lise tout haut ce que Camus écrit tout bas !


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