Photo © Renaud Camus
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Documents

Paru dans Le Nouvel Observateur
Date 09/03/2006
à propos de Comment massacrer efficacement une maison de campagne en dix-huit leçons
Titre Tendance
Auteur Jérôme Garcin

Mais qu’est-ce qu’ils ont tous avec les maisons ? D’où vient que la littérature française soit soudain saisie par la fièvre du bricolage et la folie du gros oeuvre ? Après les travaux de plomberie de Nan Aurousseau, les réfections de Jean-Paul Dubois et l’entreprise de démolition de Gisèle Fournier (« Tendance » du 26 janvier), voici que Renaud Camus enfile un bleu de chauffe pour se joindre au chantier.

L’auteur de « Tricks » et châtelain de Plieux (Gers), dont les idées réactionnaires et la douteuse comptabilité ont défrayé la chronique en 2000, publie, sous une couverture volontairement hideuse (on dirait le catalogue de Castorama), un livre sérieux et drôle à la fois : « Comment massacrer efficacement une maison de campagne en 18 leçons » (Privat, 20 euros). Jean-Paul Dubois nous a démontré combien il est difficile de prétendre embellir une demeure ; Renaud Camus, surprenant professionnel du BTP, nous prouve qu’il est très facile de l’enlaidir. Il suffit de retirer les crépis (car il existe de jolis crépis), de modifier les ouvertures, de construire une véranda, d’acheter des meubles de jardin en plastique, d’ajouter un garage, un portail et une piscine turquoise. Ainsi, pourvu qu’on ait un peu d’argent – la disgrâce n’a pas de prix –, on peut vite transformer une charmante maison en authentique horreur, une vieille bâtisse en pavillon moderne.

De même que « Vous plaisantez,monsieur Tanner » est un précis de solitude, la gasconnade de Renaud Camus s’apparente, en vérité, à un traité du style. Il stigmatise un pays déformé par le mauvais goût, le goudron, la fausse rusticité, comme s’il condamnait le massacre de la langue française par les adeptes du SMS. Il tient d’ailleurs que si la façade est une page et la fenêtre un texte, la balustrade ajoutée est un pompeux subjonctif imparfait. En somme, il assimile la défiguration du paysage à une défaite de la pensée. Cette fois, Camus tombe sous le coup d’une seule accusation. Celle d’avoir de l’esprit.


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