Photo © Renaud Camus
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Paru dans Revue « Perpendiculaire »
Date 1996
à propos de Revue « L’infini », n°52
Titre Les bonnes, Renaud Camus, l'excrément
Auteur Nicolas Bourriaud
Paru dans le n°  2

On sait que Patrick Besson réussit l'insigne performance de rendre banal tout ce qu'il touche, jusqu'aux paradoxes, et jusqu'à la mauvaise foi, qu'il cultive pourtant avec l'attention indulgente et mielleuse qu'un petit commerçant déploie envers les travers les plus infâmes de sa clientèle. Ayant à tous coups le public pour lui, il feint, comme tous les démagogues, de se voir persécuté. Mais ne croyez cependant pas que cette pose ridicule soit l'apanage des néo-hussards : Renaud Camus va bien plus loin dans certains domaines du sordide, avec l'assurance que lui procure son aura ambiguë, mi-Barthes, mi-Barrès. Dans la dernière livraison de la revue L'infini, satisfaisante par ailleurs, il se livre à l'un de ses exercices favoris – qui compte, on l'aura compris, parmi les plus faciles – consistant à se transformer en contempteur flou du monde moderne, à grand renfort d'imparfaits du subjonctif. « Tous les emplois de la société française sont tenus par des bonnes », qui est un « pays de gens de maison », y apprend-on. Ah bon ? On lit, par exemple, que la Martinique n'est autre qu'une « chambre de bonne  ». C'est bien entendu à cause de «  l'égalité, l'égalité chérie  », que « tout le monde est devenu souillon ». Reçu cinq sur cinq. Ces éructations glauques, dont les connotations élitaires et extrême-droitisantes rejoignent dans le médiocre quelques considérations égrillardes et gâteuses sur « les jeunes filles » : on aura compris à quoi sert l'idéal féminin pour Renaud Camus. Oh, le délicieux frisson de la pensée « incorrecte » : les bonnes sont des sous-femmes ! Vivent les jeunes filles ! Chacun sait que peu de critiques osaient parler de Camus, par peur de se retrouver dans les pages du « Journal » qui lui sert de rente et, par extension, de feuille à chantages. Je les comprends : c'est un bien triste sort que de se voir cité dans une telle entreprise. Mais rassurons-nous, le chauffeur de taxi qui vient de me ramener chez moi n'est pas un écrivain : Renaud Camus non plus.


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