Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus

Documents

Paru dans Masques, revue des homosexualités
Date Juin 1985
Titre Renaud Camus ou l'érotique de la douceur — fragments d'un discours éthique
Auteur Katy Barasc

De Renaud Camus, il suffirait de dire – AVANT TOUT – qu'il est un écrivain ; et cela même lui donnerait sa place dans l'espace que nous interrogeons. Nous savons bien – et Marguerite Duras le rappelait récemment – qu'il existe peu d'écrivains. L'exigence d'une pratique comme celle de l'écriture ne laisse pas le choix : entre la déliquescence des un(e)s et la rigueur des autres, le partage est clair. Dès lors, ceux et celles qui écrivent échappent aux catégories, aux genres : l'écriture n'est ni homosexuelle, ni hétérosexuelle, ni féministe, ni machiste. Elle EST… elle réitère sa propre venue à la parole, elle ne cesse d'interroger CE qui la fait écrire, au lieu de (se) justifier à travers des objets (comme si écrire avait un objet…).

Renaud Camus, dans l'exigence même de cette pratique, explore les dimensions plurielles de la « littérature »… Rappelons ici l'admirable Roman-Roi, texte majeur de ces dernières années. Car faire-de-la-littérature est un engagement éthique, une façon de « parler » de cette communauté absente, introuvable, inavouable, dont l'utopie nous est Langue. Des Tricks (Persona) aux derniers ouvrages parus Notes sur les manières du temps, POL), Renaud Camus aménage les territoires obscurs ou ambigüs de la jouissance. Toute écriture est de plaisir, toute écriture est jouissante, mais si la voix de Renaud Camus (s)ouvre pour nous (dans) une dimension éthique, c'est que précisément il est comme un oubli – et quelle insistance, ces derniers temps, de cet oubli – du bien-jouir… Les Notes Achriennes (POL) – ces fragments du discours amoureux – donnent-à-voir ce qu'il en est des géographies corporelles, des affects disséminés, de corps en corps, de récit en récit… Évoquer Germaine Brooks, par exemple, c'est nommer un rapport au monde et au plaisir dont nous savons qu'il fut « civilisateur »… De quelle éthique sommes-nous en « manque » ? de quelle légèreté rigoureuse sommes-nous frustrés ? Cela, Renaud Camus le dévoile, et son discours sans complaisance est une propédeutique à une autre « métaphysique des mœurs ». Comment être à la mesure de nos plaisirs, par-delà toutes les fausses problématiques dont on nous accable ? Renaud Camus ne cesse d'affirmer, parmi ces fausses problématiques, celle de l'homosexualité il n'y a pas de « problème de l'homosexualité » – comme il y a un problème de l'agriculture ou de l'enseignement !!! –, il y a de l'homophobie, des espaces sociaux traversés par le refoulé des ans et des autres, par l'inquiétude de leur propre reconnaissance. Tel est le lieu où doit se questionner notre vécu : tel est le lieu de l'écriture…


N.B. : cet article était suivi d'extraits d'un entretien paru dans le numéro 14 de la revue Masques.


Réagir à ce document.