Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus

Extrait de « La Campagne de France (Journal 1994) »
page 16

Voir la description du livre

«
   Mercredi 5 janvier, onze heures moins le quart, le matin. Je me demande
s'il existe un seul autre individu que la seule vue de montagnes ennei-
gées, à travers les fenêtres de la pièce où il vit, peut à ce point alléger du
souci, libérer de la mélancolie, rendre immédiatement à cette exaltation
poétique qui est l'autre nom du bonheur, et peut-être le premier ?
   
   Tout à coup la vie cesse d'être une petite chose banale, un médiocre
combat pour traverser les jours sans y laisser trop de plumes, la somme
du temps passé à la constatation que le temps passe. La méduse, en
nous, est foudroyée par son propre regard, celui qu'elle a jeté par
mégarde et qui met en heureuse lévitation ses éclats de rien, à tous les
coins du paysage immense, dans l'air gris bleuté de l'hiver et le vent.
»

© R. Camus
Reproduit avec l'autorisation de Renaud Camus