Photo © Renaud Camus
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Extrait de « Éloge du paraître »
page 46

Voir la description du livre

«
    Le paraître fut inventé par tels qui
jugeaient qu'exister, survenir, s'en aller,
mourir, ce n'était pas tout à fait suffi-
sant, à la longue ; qu'entre apparaître et
disparaître il ne serait pas mal d'arrêter
si possible le temps, le temps du moins
de tenter de lui donner une forme, une
saveur, une substance qu'on pourrait
partager avec lui. C'est le paraître qui de
manger fait un repas, d'aimer ou de
souffrir une phrase, d'une journée quel-
conque une date, d'un sacrifice une reli-
gion, de vivre un destin. C'est le paraître
qui de l'homme fait l'homme.

                         *

    L'imposition de la forme, c'est l'acti-
vité prométhéenne par excellence. Le
paraître est le grand non serviam de la
créature. Quiconque impose une struc-
ture à ce qu'il touche, à ce qu'il fait, à ce
qu'il est et même à ce qu'il subit, celui-là
ne subit pas tout à fait. Il se refuse au sta-
tut passif d'existant, il tue symbolique-
ment le père, il s'affirme comme auteur
de ses jours, comme créateur au sein de la
création, émule des dieux, sinon rival.
»

© R. Camus
Reproduit avec l'autorisation de Renaud Camus