Photo © Renaud Camus
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Extrait de « La Campagne de France (Journal 1994) »
page 287

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«
   Certes, le premier violon, Nicolas Miribel, est tellement remar-
quable, sa présence est si forte, que parfois on a l'impression que ce
quintette est en fait un concerto. Mais ce n'est ni un quintette ni un
concerto : c'est la voix d'un homme seul. Il se trouve seulement – j'en
reviens toujours à la même image – que cet homme-là, avec cette
œuvre-ci, s'est élevé plus haut que n'importe qui.

   Plus haut vers quoi ? On n'en sait rien. Et lui ne le savait certaine-
ment pas non plus. Plus haut vers l'infini, vers l'élévation pure, vers la
non-réponse à la non-question. Cet opus posthume est une pierre sur
la pente impossible ; une pierre qui témoigne qu'un voyageur, un errant,
un homme perdu, un athlète, un saint, un jour est arrivé jusque-là.
Poursuivez l'ascension si vous le pouvez, encore que ce ne soit guère
concevable. Mais entrevoyez déjà, grâce à ce roc en suspens, à ce cairn,
ce joyau, entrevoyez – le temps d'une exécution réussie – les étendues
que le cœur et l'âme peuvent contempler en même temps, lorsqu'un
seul poète, un seul grand mystique, un seul compositeur de génie, a su
les étaler dans le pur éther.

   Cependant ce n'est pas le génie qui se fait entendre ici et montre
l'infini du paysage. C'est l'humanité transcendée.
»

© R. Camus
Reproduit avec l'autorisation de Renaud Camus