Photo © Renaud Camus
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Extrait de « Éloge du paraître »
page 84

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«
    Journal, 5 mars 1991. « Quand on
commence à connaître davantage les
“êtres” qu'on a récemment rencontrés, on
se rend compte, bien souvent, que les pre-
miers signes que nous avions perçus
d'eux étaient trompeurs. Mais quand on
les connaît davantage encore, on s'aper-
çoit généralement que ces premiers signes
n'étaient pas si faux que nous l'avions cru
un moment ; qu'ils disaient bel et bien
quelque chose, quelque chose d'inessen-
tiel, peut-être, mais de pertinent néan-
moins, sur la personnalité qui nous est
maintenant presque familière ; et qu'ils en
éclairent effectivement telle facette ou
bien cette autre – mieux, qu'ils en consti-
tuent une facette, qu'ils en sont eux-
mêmes un aspect, qu'ils en font intégrale-
ment partie.
 
    « Si tous les signes sont pertinents,
comme je le crois, c'est qu'ils ne sont
pas seulement des signes, mais déjà réalité ;
qu'ils ne sont pas uniquement des indices,
mais des miettes de vérité ; qu'ils ne
désignent pas, mais qu'ils sont. L'être est
dans chacun des signes qu'il émet,
jusque dans son silence, bien sûr, dans
son absence, dans son apparente mutité.
Il n'en sera jamais que la somme
innombrable. Ainsi rejoint-on par la
bande laïque l'éblouissante formule de la
bienheureuse Angèle de Foligno : l'être
est “le signe ininterrompu”. »
 
    Et de nouveau, le 23 mars suivant : « Il
n'y a pas de signes. Les signes sont l'être.
Un type qui est bougon quand on le ren-
contre, on découvre ensuite, quand on le
“connaît”, qu'il est “en fait” très chaleu-
reux. Bien : on en déduit que les pre-
miers signes étaient faux. Mais c'est faux.
La vérité, c'est que le bonhomme est très
chaleureux quand on le connaît, et bou-
gon quand on le rencontre. L'une de ces
caractéristiques n'est pas plus significa-
tive que l'autre, et n'appartient pas
davantage au prétendu “être profond”.
C'est un trait essentiel de la personnalité, 
d'être bougon quand on vous rencontre ;
autant que d'être aimable quand on vous
connaît. »
»

© R. Camus
Reproduit avec l'autorisation de Renaud Camus