Photo © Renaud Camus
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Extrait de « La Campagne de France (Journal 1994) »
page 98

Voir la description du livre

«
   Mercredi 30 mars, dix heures moins le quart, le soir. Ouf ! L'étau se
desserre un peu. J'étais plein d'appréhension, depuis une semaine, à
l'idée d'une entrevue, ce matin, avec le comptable du Trésor à Saint-
Clar-de-Lomagne, qui me réclamait cent soixante-dix mille francs –
où aurais-je pu en trouver le premier sou ? En fait tout s'est très bien
passé. Puisque nous estons en justice, le ministère de la Culture et moi,
ou plutôt moi sous la houlette du ministère de la Culture, et plus
exactement celle d'un conseiller fiscal au cabinet du ministre, puisque
nous estons en justice, à Pau, bizarrement – si l'on m'avait jamais dit
que j'aurais un jour un procès en cours au tribunal administratif de
Pau… –, puisque nous estons en justice M. le comptable du Trésor, un
homme très aimable, au demeurant, ne me réclame rien pour le
moment.

   « Mais vous savez, me dit-il, il faudra que vous soyez patient, pour
l'issue de votre procès : ça peut prendre quatre ou cinq ans… »

   Je sens que je vais être un modèle de patience.

   A Lectoure, ensuite, au magasin galerie de M. Saint-Pierre, le
photographe, je découvre par hasard deux très jolies grandes photogra-
phies de Plieux, l'église et le château vus d'assez loin, au-delà de plans
successifs de collines et de brumes. C'est exactement ce que depuis des
mois je souhaitais qu'il fît.

   « Vous le faites, lui dis-je, et vous ne m'en parlez même pas. Vous
êtes un modèle de discrétion…
   – Oh, pour la discrétion, répond-il, je crois que vous pourriez me
donner pas mal de leçons… »

   Je ne sais pas ce qu'il veut dire exactement par là, mais je suis tout
de même content de l'entendre.

   Puis c'est une délicieuse promenade, cette après-midi, dans les bois
délicieux de Magnas, de l'étang jusqu'à la fontaine et jusqu'à la tour
cabinet de lecture, avec retour par la fontaine, et par l'autre rive de 
l'étang. Je marche en compagnie de certain Moustarandonneur du Lot-
et-Garonne, très gentil garçon de stricte observance One Way,
moustache et chemise rouge et noire à carreaux, peut-être en toute
méconnaissance du vrai One Way. S'ensuivent d'assez longs
cafouillages, sur lesquels il n'y a pas lieu de s'étendre ( il n'y avait pas lieu
de s'étendre, en effet ) ; mais tout cela dans la meilleure humeur 
maintenue. Sans compter que ce jeune homme ( homme jeune ) avait
un beau chien, dont le commerce fut très apprécié par les miens, toute
l'après-midi.
»

© R. Camus
Reproduit avec l'autorisation de Renaud Camus