Photo © Renaud Camus
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Extrait de « Élégies pour quelques-uns »
page 52

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«
    Nous nous exagérons sans doute, dans la plupart des cas, le charme des existences 
exotiques, telles qu'elles se mènent et telles qu'elles nous seraient offertes , 
croyons-nous, si nous étions plus libres, ou plus riches, et si les jours avaient 
cent heures, et les années quarante-huit mois. Il se peut très bien que 
Madrid, par exemple, ces temps-ci, ne soit pas tout à fait aussi gaie que me le 
répètent ma mémoire, mon ami Manuel et mes insistantes fantaisies du 
moment ; et qu'à Madrid, Dieu me pardonne, je rêve de Rome. Même quand 
les villes sont conformes dans les faits à la flatteuse image que nous nous 
étions construite d'elles, il arrive que cette exactitude même de nos 
espérances nous lasse, après deux ou trois jours et la 
satiété, et qu'une déception nous prenne, que nul manque n'a fait 
naître, mais plutôt la replétion. Encore n'ai-je écrit ces 
dernières lignes que par docilité prudente, hypocrite et propritiatoire, 
envers la sagesse des Nations : mon expérience et mon tempérament ne me 
convainquent nullement de leur justesse. Les Nourritures terrestres, comme toujours, me 
parlent mille fois mieux de moi-même : « les plus douces joies de mes sens ont 
été des soifs étanchées ».
»

© R. Camus
Reproduit avec l'autorisation de Renaud Camus