Photo © Renaud Camus
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Extrait de « Éloge moral du paraître »
page 77

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«
    Le paraître est un scepticisme (et pourtant un idéalisme, une utopie). S'il 
admet que les choses, et les êtres, ne paraissent pas exactement ce qu'ils sont, 
c'est parce qu'il ne croit pas qu'ils le soient, ou pas seulement. Il y a plus dans 
l'être que l'être : voilà ce que serait sa conviction. Ce plus, ce jeu, 
il l'appelle la littérature, certains jours, le désespoir, ou la grâce ;
d'autres diraient le théâtre, aussi bien, la religion, l'espoir, le hasard 
ou la philologie. Toutes vertus peu gaulliennes, au demeurant, qui commencent leurs 
discours à peu près de la sorte : « Les choses n'étant pas ce 
qu'elles sont… »

    Ce tertre, tenez : la sieste d'un dieu.

    Cela dit, lui n'est sur de rien : pas même de ce jeu, de ce branle, entre 
l'être et l'être, entre la terre et la mythologie, entre la volonté et 
le temps. Il les désire, voilà tout. Le paraître est un désir. 
Le paraître est un désir d'être. Le paraître est un désir 
d'être au monde.

    Les moralistes avaient raison : le paraître est amour du monde. Mais ils n'avaient 
pas dit que le monde fût aussi beau un soir de juin, sur la Charente, la coupe 
heureuse d'une phrase, ce siège de pierre, dans l'embrasure d'une fenêtre, ou 
la musique de Chopin.
»

© R. Camus
Reproduit avec l'autorisation de Renaud Camus