Photo © Renaud Camus
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Extrait de « Journal d’un voyage en France »
page 189

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«
    Après Florac se posait un problème. Je voulais voir, attiré par son 
nom, la corniche des Cévennes mais aussi montrer à ma mère la mont 
Aigoual et passer au Vigan. Or ce sont deux directions tout à fait 
différentes, ou en tout cas deux routes. Mais cet embarras fut 
développé de façon tout à fait satisfaisante. Nous avons 
d'abord suivi la Corniche des Cévennes, qui m'a légèrement 
déçu dans la mesure où la vue qu'elle offre, sur la plus grande 
partie du trajet, est au nord quand je l'avais imaginée au sud, sur l'Aigoual 
précisément : mais elle est très belle et l'on peut toujours, si 
près se trouve-t-on de la ligne de crête, faire quelques pas entre les pins 
pour jouir du panorama au midi.

    J'aime dans les Cévennes la longueur, si rare en France, des paysages. Ils ne sont 
pas une belle image, puis une autre et une autre encore. On les pénètre, on 
s'en imprègne et j'aime encore la lassitude qu'éventuellement on en 
éprouve. Cette monotonie de splendeur m'enivre. Je l'ai éprouvée sur 
les autoroutes de la Nouvelle-Angleterre, quand les montagnes bleues ressemblaient 
à des fonds de Poussin. Je l'ai connue le long des ruisseaux d'Arcadie, sur les 
chemins pierreux qui faisaient pester mes compagnons de voyage : your Bassae better be 
good ! J'aurais voulu l'Alphée éternel, et le temple devenait sans cesse 
plus beau d'être moins accessible.
»

© R. Camus
Reproduit avec l'autorisation de Renaud Camus