Photo © Renaud Camus
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Extrait de « L’Élégie de Chamalières »
page 48

Voir la description du livre

«
    J'ai pris ce cliché de loin, un jour d'été lointain lui-même,
avec R. aujourd'hui tellement éloigné. Nous nous dirigions vers les
îles de l'Istrie, Krk, la côte dalmate et les bouches du Kotor, les cols du
Monténégro, le Kosovo plein de roses, de minarets, d'icônes, de
chaînes de montre, de turbans et de fresques hiératiques encensées,
dans la lueur pâle des cierges. Car j'honore dévotement (Nam venenor seu
stipes) et les souches perdues dans les champs et les vieilles pierres des carrefours
(seu vetus in trivio) qui portent des guirlandes de fleurs (florida serta
lapis). Si tout est signe, en effet, rimes, panneaux, devinettes, flèches,
énigmes, sybillins messages d'un jeu de piste éternel qui nous envoie
toujours plus avant, plus profond, dans l'infinie forêt des associations, des
doutes, des regrets, pourquoi négligerions-nous les signes épuisés,
qui courtoisement nous avertissent qu'ils ne sont plus signes que d'eux-mêmes, que
leur sens les a quitté (s'ils n'en eurent jamais), que les rues qu'ils nous
proposent se sont évanouies, les filiations éteintes, les gestes
figés dans la pierre, le vent, les ruines même enfoncées dans les
sables ?
»

© R. Camus
Reproduit avec l'autorisation de Renaud Camus

Cet extrait a été proposé par VS.