Photo © Renaud Camus
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Extrait de « L’Élégie de Chamalières »
page 74

Voir la description du livre

«
    Est-ce donc une si bonne école de la perte, Chamalières ?

    Quelle douleur la nôtre, pourtant, quand nous avons dû quitter – j'avais
treize ans – notre maison de famille, où mon grand-père était mort,
où ma mère avait passé toute sa vie jusqu'alors, où
j'étais né ! Cette maison, par je ne sais quel miracle, quelle distraction
des promoteurs et des dieux, existe encore. Il semblerait qu'elle soit à vendre, de
nouveau. Mais comment pourrions-nous la racheter, alors que nous n'avons pas un
maravédis ? L'ambition de ma mère n'est pas tant de la reconquérir,
d'ailleurs – ou du moins s'efforce-t-elle de rebuter une espérance aussi
démesurée – que d'empêcher qu'elle ne soit détruite, abattus
ses arbres, rasés les murs de son jardin ; et que ne s'élèvent
à son emplacement, comme déjà tout autour d'elle, la cachant,
l'enserrant, lui ravissant toute vue, de grands immeubles dont chaque porte, chaque
fenêtre, chaque escalier proclameront avec négligence qu'ils ont tout
oublié d'elle, tout de nous. Nous sommes déjà résignés
à la perte, que nous ont rabâchée des lustres, de tout leur
méchant bon sens opiniâtre ; pas tout à fait encore à
l'effacement. Ne pas posséder, soit ; mais faut-il que soit
éradiquées jusqu'aux traces ?
»

© R. Camus
Reproduit avec l'autorisation de Renaud Camus

Cet extrait a été proposé par VS.