Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus

Extrait de « P.A. »
page 37

Voir la description du livre

«
87. Il avait paru chez moi, un beau jour (un très beau jour, car c'est exactement 
le genre de fortunes heureuses que l'on espère en permanence voir survenir, et qui 
ne surviennent jamais, ou presque jamais, donc), en tant qu'envoyé d'une haute et 
très respectable administration, avec laquelle je suis en contact étroit, et 
dont la bienveillance m'est précieuse, même, voire indispensable) de sorte 
que je n'étais guère enclin (mais je n'y suis guère enclin de toute 
façon, à moins d'assurances (ou du moins de fortes présomptions) 
qu'elles puissent être bien accueillies) à prendre des initiatives. Les 
risques n'étaient pas également répartis entre nous. Je ne savais 
rien de lui tandis qu'il savait tout de moi, ou presque tout  d'une part parce qu'il 
m'avait un peu lu, d'autre part parce qu'on l'avait prévenu (il devait me l'avouer 
plus tard) dans le bureau qui l'envoyait, de mes mœurs (ou de ce qu'on croyait en 
savoir); et d'avoir à s'en méfier, donc, pour le bien de sa vertu. Lui ne 
tenait pas si fort à sa vertu  si peu fort, même, qu'après une bonne 
heure d'un entretien assez oiseux, il s'était approché de moi, dans ma 
bibliothèque, et m'avait mis la main à la braguette, avec cette 
déclaration brave : « Je ne sais pas trop comment on fait dans ces cas-
là, mais je vois bien que si je ne fais rien… » Nous regardâmes 
ensemble brûler ses vaisseaux, et bientôt les miens (qui se consumaient 
plutôt mieux, hélas), entre mes livres.
»

© R. Camus
Reproduit avec l'autorisation de Renaud Camus