Photo © Renaud Camus
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Extrait de « Le Département du Gers »
page 56

Voir la description du livre

«
Le grand thème de la Gascogne, c'est l'horizontalité – ce 
qu'écrivant, je m'enferme d'emblée dans la contradiction, car le paysage 
purement horizontal, c'est plutôt la pampa, justement, la steppe, le cerrado, la 
puzta ; sans compter que ce motif un peu plat n'a rien, par lui-même, qui soit 
particulièrement exaltant. Aussi faut-il distinguer, comme d'habitude. 
L'horizontalité pure, à mesure qu'elle est pure, devient impossible 
à constater. Elle n'est qu'une idée, elle n'a pas de dimension sensible. 
À force d'être, et d'être seulement, à force de ne 
faire qu'être, c'est-à-dire de ne rien faire, à force 
d'abdiquer tout paraître par simple obstination puritaine dans 
l'être, elle n'est plus qu'à titre de concept, dans 
l'idée qu'on peut se forger d'elle – autant dire qu'elle est beaucoup 
moins. 

L'imperfection est la cime, dit Bonnefoy. L'horizontalité gasconne est la 
plus perceptible des horizontalités, la plus sensible, parce qu'elle est 
éminemment impure, et par excellence imparfaite. Elle est constituée d'un 
fourmillement infini de hauts et de bas, de montées et de descentes, 
d'éminences, de combes, de lits de ruisseaux, de buttes en chapelets et de 
vallées parallèles. Si toute mystique à quelque chose à voir 
avec l'aporie (et avec l'oxymore qui en est la configuration rhétorique), 
l'horizontalité gasconne est on ne peut plus mystique (elle qui d'apparence l'est 
si peu) parce qu'elle est verticalité pure. C'est l'étendue qui se 
dresse dans le Gers (et nous avec elle, et nous en même temps qu'elle,parce que 
c'est en nous que s'opère ce sursaut, notre œil en étant 
l'instrument, notre être en étant le théâtre, la matière 
même et le prétexte.
»

© R. Camus
Reproduit avec l'autorisation de Renaud Camus

Cet extrait a été proposé par René Sanquer :
Si vous allez visiter le château de Plieux, n'achetez pas auparavant "Le département du Gers" ni "Onze sites mineurs". Ils vous attendent là-bas.