Photo © Renaud Camus
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Extrait de « L’Esprit des terrasses (Journal 1990) »
page 197

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«
S'il est avéré, comme il semble bien l'être, que nous sommes en 
train de dépasser, voire de renier, la conception et l'obsession modernistes de 
l'art et de l'histoire de l'art, si la nouveauté, l'audace, la 
fécondité historique et la richesse de la postérité d'un style 
ou d'un mouvement ne sont plus les critères essentiels des appréciations que 
nous portons sur eux, si de nouveau nous  nous sentons libres et désireux 
d'apprécier surtout, dans les œuvres, la force et la volupté, pour 
nous, de leur présence matérielle et de leur évidence de peinture, de 
papier, de toile, de fer, de bronze et de couleur, alors le cubisme – cosa 
mentale presque par excellence, au point qu'il est incontestablement le père de 
tout l'art intellectuel et mental, conceptuel et abstrait (au sens intellectuel du terme) 
de ce siècle –, alors le cubisme risque bien de se voir (provisoirement peut-
être) détrôné de son insigne position stratégique. Nous 
commençons à nous aviser que la plupart de ces tableaux sont plutôt 
mal peints : concept évidemment dépourvu de pertinence (à 
moins qu'il ne soit positivement essentiel) à l'intérieur du  système 
même dont ils procèdent ; mais qui n'est pas sans en recouvrer une pour nous, 
dès lors que nous avons l'audace de nous soustraire nous-mêmes à ce 
système,  serait-ce un court moment, pour voir un peu du dehors, c'est-à-
dire de l'extérieur de la tradition et de la vulgate modernistes, de quoi sont 
faites ces peintures. Libre à nous, ensuite, de faire hardiment sauter par-dessus 
elles notre goût, pour le lâcher parmi les Fauves, ou parmi les 
expressionnistes allemands de la première génération.
»

© R. Camus
Reproduit avec l'autorisation de Renaud Camus

Cet extrait a été proposé par René Sanquer.