Photo © Renaud Camus
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Extrait de « Vigiles (Journal 1987) »
page 357

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«
Cette chambre, cette maison, ce jardin, ils sont écrits pour moi désormais. 
Oh ! pour moi seul, c'est à craindre, et pas pour la postérité. Mais 
c'est déjà beaucoup. La possession et la perte ne sont pas contradictoires, 
elles sont égales pour la plume sur le papier. Il y a longtemps que je l'ai 
noté : le texte ne connaît pas de négation. S'il dit : « Il n'y a 
pas de palmiers », les palmiers ne sont ni plus moins là, sur la page, que s'il 
avait dit : « Il y a plusieurs rangées de palmiers. » Warhol, quand il 
s'est mis à tout enregistrer, du soir au matin, ne commentait plus que par ces mots 
les catastrophes : « It will make a good tape. » L'écriture, comme la perte 
sa semblable, sa sœur, achève la possession, la consacre, la solennise. Je 
dirais même qu'elle l'institue. Pour le graphomane, n'est vrai que ce qui est 
écrit, n'est perdu que ce qui n'est pas noté.
»

© R. Camus
Reproduit avec l'autorisation de Renaud Camus