Photo © Renaud Camus
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Extrait de « Échange »
page 127

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«
On est au milieu de l'été, ils se jugent en vacances, 
des intrigues invraisemblables, où sombrent allègrement 
des virginités relatives, se nouent de toutes parts, 
grâce à des clins d'oeil, des échanges de petits 
mots passés, non sans détournements éventuels, 
par des tiers désintéressés, ou qui se 
prétendent tels. Ou bien encore, ils visitent le Royal 
Pavillon, cette folie commencée en style chinois, 
déclare le guide, et achevée en style indien. Les rampes 
sont en faux bambou, et les supports de fer utilisés par Nash, 
l'architecte, ont été déguisés en 
palmiers, selon le désir du roi Georges qui fait élever 
à grands frais, pendant treize ans, et transformer sans cesse, 
sans l'achever jamais, cette résidence balnéaire. Il 
n'est alors que prince de Galles, puis régent. Sa femme 
Caroline voyage à travers tout le continent, en compagnie de 
l'Italien Bergami. Son père, aveugle et fou, et que ses cheveux 
blancs, sa longue barbe blanche, étonnante pour 
l'époque, font ressembler à quelque personnage 
égaré du cycle gallois, parcourt les pièces sans 
nombre de son palais en poussant des cris terribles, dont 
l'écho vient retentir le long des couloirs interminables qui 
succèdent aux couloirs, surchargés d'un décor 
sombre et froid de boiseries, de stuc, de panneaux moulurés, 
marbres, glaces, tableaux, colonnes, lourdes tentures. Immobile, 
écartant les lignes souples qui semblent figurer, plutôt 
qu'un tissu de velours ou de soie, l'écran même du temps, 
le vieux roi, impotent et solitaire, contemple de son oeil chassieux, 
l'étreinte des jeunes amants. La lune dessine sur le sol un 
rectangle allongé, pâle, qui arrive jusqu'à 
l'angle du lit. Une odeur fade vient des tilleuls. La fameuse tasse 
dite de la reine Astrid, à Cannes, et celle de l'avenue Thiers, 
à Nice, ont l'une et l'autre été 
détruites. Chaque page a le même nombre de lignes. 
Poussant ses fesses en sens inverse, elle accueille en elle le membre 
radi qui la prénètre légèrement en biais 
(Pass. 103).

»

© R. Camus
Reproduit avec l'autorisation de Renaud Camus