Photo © Renaud Camus
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Extrait de « La Campagne de France (Journal 1994) »
page 445

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«
    Samedi 3 décembre, six heures et demie du soir. Visite hier d'un jeune
Landais, dit minitéliennement Mercury 40 : en référence, ai-je dû me
faire expliquer, aux Landes et à feu Freddie Mercury, d'assez désirante
mémoire.
 
    Et en effet, il y a une petite ressemblance, quoique Mercury 40 soit
plus fin que son modèle. Assez gentil garçon, et qui me veut du bien,
semble-t-il : il revient d'un instant à l'autre – ce qui, si l'on songe qu'il
demeure à deux pas de Bayonne, paraît une grande preuve d'…un
certain intérêt.
 
    En voilà un qui semble dans les meilleures dispositions, pour une
fois, et fort désireux de s'établir. Ce n'est pas un vilain jeune homme.
Mais, mis à part ses bons sentiments à mon égard, l'éternelle question :
pourquoi lui plutôt qu'un autre ?
 
    Appel de M. Bénizeau, ce matin. J'ai mis quarante-huit mille francs
sur mon compte mardi dernier, et pourtant il est encore à découvert de
vingt-neuf mille francs. Or j'ai tout à payer : huit mille francs d'assu-
rance automobile, huit mille francs d'assurance pour la maison, douze
ou treize mille francs de vignette pour la voiture, des taxes de toute
sorte et des impôts en retard. Et je n'ai aucune « rentrée » prévue avant la
fin janvier.  
 
    J'ai beau me débattre comme un beau diable, et remporter quelques
victoires, à peine colmaté-je une brèche sur un côté de la forteresse il
s'en ouvre deux d'un autre côté, et les échelles ennemies sont de toute
part sous les créneaux. N'y aura-t-il jamais de fin à ce combat déses-
péré ? Il me faudrait un mécène qui prît entièrement mes comptes en
main, et me donnât tous les jours ce dont j'aurais besoin. Car m'offri-
rait-il cinquante mille francs tous les mois, j'en dépenserais quatre-
vingts ou cent.
 
                                                     *
 
    J'ai lu je ne sais où, dans quelque article du Monde ou de l'Observa-
teur, probablement, que le roman était le genre littéraire de la vérité
entre tous, celui qui se refusait tout lyrisme…
 
    Hélas, je n'aime que les romans lyriques, Virginia Woolf et Le Lys
dans la vallée (les passages lyriques du Lys dans la vallée). Si ce que disait
l'auteur de l'article est vrai (et il le disait avec beaucoup d'assurance), je
ne suis vraiment pas fait pour le roman, ni le roman pour moi : ce qui
expliquerait mes difficultés à me sortir de L'Épuisant désir.
 
    Ces difficultés sont suffisamment expliquées, cependant, par le
manque de travail : je n'ai pas ouvert ce dossier-là depuis lundi dernier ;
et je pars demain pour le Brésil…
»

© R. Camus
Reproduit avec l'autorisation de Renaud Camus