Photo © Renaud Camus
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Extrait de « Répertoire des délicatesses du français contemporain »
page 78

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«
BOUQUIN. Au XIXe siècle, un bouquin était un vieux livre,
    et bouquiner voulait dire chercher de vieux livres (sur
    les quais, par exemple). Ses bouquins refermés sur le
    nom de Paphos (Mallarmé). De nos jours un bouquin
    c'est n'importe quel livre, et bouquiner veut dire lire
    (un livre). Il s'agit de semi-argot en voie d'institu-
    tionnalisation, qui peut irriter en tant que familia-
    rité sclérosée.
        Plus peut-être qu'à l'anglais book ou à l'allemand
    buch, auxquels il est lointainement mais indubitable-
    ment apparenté, bouquin fait penser à bouc ou à bou- 
    quetin. Pour ceux d'entre nous qui dans livre enten-
    dent toujours un lointain écho du Livre, et y voient
    quelque chose de sacré, ou du moins d'éminemment
    auguste, bouquin sonne chaque fois comme une vague
    profanation, un peu répugnante qui plus est.
        Il serait sans doute poli de l'éviter pour parler à
    un auteur de son propre livre : Et pour vot' prochain
    bouquin, vous avez déjà une petite idée, ou bien…?
    Mais comme toujours c'est une affaire de contexte.
    Un auteur qui désigne ses ouvrages comme des
    polars, par exemple, ne s'offensera certainement pas
    qu'on les appelle des bouquins. Nombreux sont les
    écrivains, d'ailleurs, qui font usage de ce dernier
    terme pour les volumes qu'ils publient. Mais c'est
    leur choix à eux, peut-être entraîné par la modestie ;
    mieux vaut leur en laisser la responsabilité, et ne pas
    prendre soi-même l'initiative d'un mot qui dans
    bien des esprits demeure assez péjoratif.
        Là où quelque part j'ai voulu être bien clair, dans 
    mon bouquin, c'est sur comment la régulation des mar-
    chés elle est basée en fait sur un malentendu total, mais
    alors to-tal.
»

© R. Camus
Reproduit avec l'autorisation de Renaud Camus