Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus
Photo © Renaud Camus

Extrait de « Répertoire des délicatesses du français contemporain »
page 146

Voir la description du livre

«
DE (PARTITIF AVANT UN ADJECTIF). Demain il y aura des
    nouveaux besoins (Martine Aubry, France 2, 25 sep-
    tembre 1999).
        On voyait des grosses larmes couler sur son visage.
        Il a des exceptionnelles qualités.
        Devant les adjectifs, surtout les adjectifs au plu-
    riel comme les noms qui les suivent, la bonne règle
    exige de et non pas des : de grandes âmes, de hautes
    espérances, de vilains petits canards, d'illustres visiteurs,
    d'exceptionnelles qualités, de méchantes gens, de doulou-
    reuses concessions, de faibles arguments, de nouveaux
    besoins. Si l'adjectif suit le nom, il n'y a pas élision
    de l'article, et donc on dit des (pour de les) : des gens
    méchants, des visiteurs illustres, des concessions doulou-
    reuses, des besoins nouveaux, des arguments
    irrecevables, des larmes grosses comme des billes.
        Lorsque l'adjectif fait corps avec le nom et qu'ils
    forment ensemble une sorte de syntagme figé, on
    traite le tout comme un nom, et dans ce cas-là on
    peut mettre des : des jeunes gens, des jeunes filles, des
    premières vendeuses, des bons mots. Molière écrit cepen-
    dant de bons mots : et dans tous ses propos / On voit qu'il
    se travaille à dire de bons mots (Le Misanthrope). Même
    dans ce cas-là, le de est toujours possible. Mais d'une
    part il relève d'un niveau de langue assez recherché,
    d'autre part il introduit une nuance de sens. Après de,
    l'adjectif est mieux reconnu dans sa fonction propre,
    on insiste sur lui davantage. Des jeunes hommes
    désigne un groupe d'adolescents et d'hommes 
    jeunes, mais seulement pour parler d'eux, pour dire
    qu'ils sont là. De jeunes hommes insiste sur leur jeu-
    nesse, par exemple pour l'opposer à la maturité ou à
    la vieillesse d'autres hommes.
        Lorsque l'adjectif est lui-même précédé par un
    adverbe tel que très ou assez, l'exigence d'écarter
    des au profit de de est absolue : de très jeunes gens,
    de très jeunes hommes, d'assez bons résultats, de très
    bons mots.
        Si l'adjectif et le nom qui le suit sont au singu-
    lier, la règle classique exigeait de comme pour le
    pluriel. Mais elle est totalement tombée en désué-
    tude. Personne ne dit plus de bon vin, de bon pain, de
    bonne musique, de médiocre café. « De bon pain, sorti
    de l'usage, est aujourd'hui archaïque et prétentieux ;
    au pluriel, au contraire, des grosses larmes reste popu-
    laire ou très négligé. » (Albert Dauzat, Le Génie de la
    langue française).
»

© R. Camus
Reproduit avec l'autorisation de Renaud Camus