Photo © Renaud Camus
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Extrait de « Répertoire des délicatesses du français contemporain »
page 207

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«
FORMIDABLE. Il est certainement trop tard pour canton-
    ner de nouveau formidable dans son seul sens étymo-
    logique d'effrayant, qui inspire de la peur (en particu-
    lier par sa taille, par sa profondeur, sa majesté) : une
    route de montagne affronte des escarpements formi-
    dables ; le général de Gaulle faisait un adminisré for-
    midable, pour le maire de Colombey ; la sonate de
    Liszt présente un aspect formidable, pour un pianiste
    débutant (et même pour un pianiste confirmé).
        Formidable, à force d'extension de sens et de
    faveur exagérée auprès du public, a définitivement
    revêtu la signification parasite de remarquable, excep-
    tionnel, incomparable, excellent (Jeanne et le garçon for-
    midable, joli titre de film). Quiconque prétendrait
    parler « au plus près de la source chantante », cepen-
    dant, c'est-à-dire ne pas aggraver inutilement la dis-
    tance qui sépare les mots de leur étymologie, met-
    trait un point d'honneur à maintenir en formidable
    une obstinée nuance d'effroi, voire de terreur. Un
    paysage formidable, dans la bouche de pareille per-
    sonne, ne serait pas un paysage délicieux, mais un
    paysage grandiose, magnifique éventuellement, mais
    d'une abrupte et inquiétante austérité.
»

© R. Camus
Reproduit avec l'autorisation de Renaud Camus