Photo © Renaud Camus
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Extrait de « Répertoire des délicatesses du français contemporain »
page 272

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«
MAMAN. Sauf emploi vocatif (appeler sa mère Maman,
    quand on s'adresse à elle), le mot maman, jusqu'à
    une époque toute récente, appartenait exclusivement
    au langage populaire et petit-bourgeois et, à l'inté-
    rieur de celui-ci, au sous-langage des bébés, ou à
    celui dont on se sert, éventuellement, pour s'adresser
    à eux (→ BISE, BISOU, FRÈRE) :
        Elle est où, ta maman ? Tu veux pas me dire où elle
    est, ta maman ? Tu es sûr que tu veux pas me dire où elle
    est ta maman ?
        Or le terme est en passe de naturalisation comme
    substitut et même comme équivalent de mère dans les
    discours de tout niveau – à ceci près qu'on peut se 
    demander si un discours qui appelle les mères des
    mamans est encore un discours de haut niveau.
        Le discours politique, qui n'est pas forcément
    un discours de haut niveau, certes, mais qu'on
    pourrait croire tenu, par exigence civique, à une
    certaine neutralité expressive, parle volontiers des
    mamans, depuis quelques années – et rarement se
    laisse-t-il prendre en plus flagrant délit de démago-
    gie, voire d'obscénité. Le discours journalistique
    n'est pas en retrait, bien entendu, et même le jour-
    nalisme « littéraire », écrit ou parlé, estime désor-
    mais que mamans est le mot adéquat, pour parler
    des mères.
        La maman de Nathalie Sarraute écrivait des
    romans et des contes pour enfants (France Culture).
        Cette évolution illustre bien l'une des ten-
    dances du langage contemporain, mélange para-
    doxal de brutalité (les vieux) et de gnangnisme (votre
    maman, son papa, mon petit frère).
»

© R. Camus
Reproduit avec l'autorisation de Renaud Camus