Photo © Renaud Camus
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Extrait de « Répertoire des délicatesses du français contemporain »
page 322

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«
POSER PROBLÈME. Poser problème, ce n'est peut-être pas
    un monde à soi seul, mais indubitablement c'est
    une caste. Il est dommage de ne pas connaître
    nominalement l'inventeur, l'homme (ou la femme)
    qui pour la première fois s'est avisé de dire que ceci
    ou cela « posait problème » (quelque part…) : il pour-
    rait servir de parrain à toute une couche de la petite
    société culturelle française, celle qu'on peut appeler
    « les intellectuels poser problème ».
        Si l'on ignore le nom du promoteur, on connaît
    bien, en revanche, plusieurs des praticiens les plus
    virtuoses, qui permettent de constituer un type.
        L' « intellectuel poser problème » n'est pas un
    artiste, il n'a pas d'oreille pour le langage, ni sans
    doute beaucoup d'amour ; sans quoi il se rendrait
    bien compte de la laideur de cette expression, de la
    banalité qu'elle a acquise, et du ridicule qui s'attache
    à elle, ainsi qu'à ses fidèles par contrecoup (ou bien si
    l'inverse ?)
        L' « intellectuel poser problème » est volontiers
    « enseignant »*, sociologue, urbaniste, militant des
    droits de l'homme et plutôt sympathique, dans
    l'ensemble. Il se soucie beaucoup du sort du monde.
    Par définition il se soucie moins de sa beauté.
»

© R. Camus
Reproduit avec l'autorisation de Renaud Camus