Photo © Renaud Camus
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Extrait de « Éloge du paraître »
page 18

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«
    C'est vrai que… dit volontiers le ver-
tueux 1, ces temps-ci : vous n'êtes pas sans
l'avoir remarqué. Et même, une ou deux
fois, il est allé, je l'ai entendu, jusqu'à c'est
vrai que c'est vrai que…

    Jadis, sauf fiction déclarée, ou citation,
on impliquait comme vrai, naturellement,
ce qu'on allait dire : puisqu'on allait le
dire. L'élocution a partie liée avec la vérité,
en principe. Mais ce principe est si fort
battu en brèche, en régime journablicitaire,
qu'il faut affirmer et réaffirmer sans cesse
la vérité de la vérité, l'exacte vérité de la
vérité vraie. Tautologie toujours, donc.

    Rien d'étonnant que cette plus méchante
scie de l'histoire moderne de français, c'est
vrai que…, fasse surtout ses ravages parmi
tous ceux qui sont ce qu'ils sont.

    Nous les entendrons ne pas s'enten-
dre, comme disait Barthes. Et nous appel-
lerons C'est-vrai-que, si vous n'y voyez pas
d'inconvénient, le champion innombrable
du contre-paraître.


    1. Il serait plus clair de l'appeler le
« sympa », évidemment ; et l'idéologie vertueuse
« l'idéologie du sympa », comme je l'ai souvent
fait ailleurs. Mais le mot me reste en travers de
la gorge. Néanmoins, pour la bonne compré-
hension, en lieu et place de vertueux, doxal, sté-
réotypé, etc., le lecteur n'aura qu'à lire chaque
fois : sympa. « Le sympa, voilà l'ennemi. »
»

© R. Camus
Reproduit avec l'autorisation de Renaud Camus