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Message de VS déposé le 08/04/2004 à 14h29 (UTC)
Objet : Ingratitude
Référence : 008111
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[Voir la fiche descriptive de Sommeil de personne (Journal 2001)]
cruauté de l'homme
Mon dieu, ce sont vos mots ou les miens?
Je pense simplement que Renaud Camus prend le risque de la vérité avant tout.
J'ai voulu répondre honnêtement à "le livre est-il cruel?", c'était pour moi la question d'une âme scrupuleuse et inquiète, et mon premier message en réponse à cette question a été pour parler des remords et regrets.
Ensuite est apparue une autre interprétation possible, qui se nouait sur le fait que la question était anonyme (mais pour moi, elle n'a jamais été anonyme). J'ai donc essayé de répondre à la question en imaginant ce point de vue.
Et finalement, j'ai généralisé, fait le tour de tous les cas que je connaissais où des gens avaient été blessés, ou où je m'étais dit "ça, ça doit faire mal". J'ai appelé cela cruauté, parce que c'était le thème général, et le thème initial. Et le mot cruel me paraissait tout autant un synonyme de dangereux que de blessant, quelque chose auquel on risque de se brûler (comme dans l'expression : l'amour est un jeu cruel).
Renaud Camus pourrait devenir cruel si on en espère trop.
Mais ce n'est absolument pas mon cas. Je suis dans le cas inverse: je n'attendais rien, et j'ai déjà reçu bien plus que je n'imaginais jamais recevoir. Je ne peux expliquer l'importance pour moi de ces explications sur le peu profond ruisseau, sur la fleur sur le plancher, sur le fou d'Angèle, et ces premières découvertes (sans doute mal orientées, ai-je eu l'impression) du thème des jumeaux et des doubles. Cela paraît ridicule, n'est-ce pas? Et pourtant. Ma cruauté à moi est devenue celle-ci au fil des jours : ce n'est pas la vérité qui passe avant tout, mais l'étude camusienne. Cette obsession tend à tout broyer sur son passage.
A voir les réaction depuis ce matin, je me dis que c'est moi qui ai été cruelle, et ingrate, avec Renaud Camus, et cela me ronge.
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