Photo © Renaud Camus
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Églogues


Les Églogues sont constitués de sept volumes, un restant à venir : Passage (1975), Échange (1976), Travers (1978), Été (1982), sous-titré Travers II, L’Amour l’Automne (2007), sous-titré Travers III, Travers, coda, index et divers (2011).
Églogues vient de ex-logos, hors de la parole ou la parole des autres, le grand discours universel. Elles sont composées, tels un patchwork, de citations de la littérature et de journaux et de fragments autobiographiques, plus ou moins romancés. Ces citations ne sont pas "citées", c’est-à-dire qu’elles ne sont ni identifiées (par des guillemets ou des italiques), ni référencées (nom d’auteur, livre, journal…) C’est au lecteur de se débrouiller. Il n’y a pas d’histoire au sens de récit, il y a tout au plus des fragments qui se répondent, organisés autour de thèmes (la folie, les noms, le double et son corollaire, l’inversion (double en miroir)) et de noms générateurs selon des règles d’homophonie, d’anagrammes et des glissements de sons et de sens (par exemple (Hugo) Wolf, Wolfson, Onslow, (Virginia) Woolf, Saint-Loup, loup (masque sur le visage), loup (animal), etc).
Cette disposition textuelle a pour ambition de faire disparaître les notions d’auteur et de narrateur. Cette ambition est clairement affichée dans l’utilisation de pseudonymes ou d’hétéronymes : le deuxième livre est signé Denis Duparc, le troisième Renaud Camus et Tony Duparc, le dernier Jean-Renaud Camus et Denis Duvert. Il s’agit d’une variation autour du mot de Pascal « Qu’on ne dise pas que je n’ai rien dit de nouveau: la disposition des matières est nouvelle; » en même tant que d’une application du programme de Flaubert : «il faudrait que, dans tout le cours du livre, il n’y eut pas un mot de mon cru, et qu’une fois qu’on l’aurait lu on n’osât plus parler, de peur de dire naturellement une des phrases qui s’y trouvent.» (lettre à Louise Colet, 17 décembre 1862 (Travers p.111)) , d’une part ; d’autre part d’une mise en application des procédés détectés par Jean Ricardou, enfin d’une prise en compte des réflexions de Roland Barthes sur le totalitarisme de la langue et de l’auteur. Il s’agit également d’une façon de poursuivre l’œuvre du nouveau roman, à un moment, 1975, (date de Passage) où la mode est en train d’en passer, et donc au moment où cela peut devenir autre chose qu’une mode, il s’agit d’un gigantesque hommage à la littérature, il s’agit aussi, fatalement, d’un peu d’affectation (reconnue ou crainte par Été, p.78).
Les Églogues sont une invitation à la promenade mais aussi à la « chasse », selon le mot d’Antoine Compagnon. Nous sommes au royaume de l’allusion, de la fluidité, de la reconnaissance. Il y a dans tout cela une formidable invitation à jouer, avec les deux dimensions du jeu, l’envoûtement et la légèreté.
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Modifié par Didier Goux 13/05/2012 19:22:43