Photo © Renaud Camus
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Documents

Paru dans Revue des deux mondes
Date Décembre 2011
à propos de Parti pris (Journal 2010)
Titre Journal littéraire
Auteur Michel Crépu

Samedi

Le moment poignant, dans le dernier volume du Journal de Renaud Camus, Partis pris. Journal 2010, où il fait tomber son appareil Canon dans un fjord. Il est là pour mener à bien la rédaction du volume norvégien des « Demeures de l’esprit », (série admirable de « maisons d’artistes » à travers l’Europe qui fait, je dois le dire, le délice de mes « heures perdues »). Le Canon coûte un prix fou (quand on sait, nous dit Camus, qu’une pizza, en Norvège, coûte près de 50 euros !), et le moyen de faire sans images ?
C’est extraordinaire comme on peut, avec les journaux intimes, s’intéresser à de tels événements, comme la chute d’un Canon dans les eaux glacées d’un fjord. Soudain, je me fais du souci pour l’auteur : va-t-il pouvoir continuer ? Oui ? Non ? Et Claude Durand qui attend la copie à Paris ! Ah mon Dieu, je tourne les pages, quelle aventure ! Que vient-on me parler de la rentrée littéraire quand je ne sais même pas si Renaud Camus va pouvoir se racheter un Canon !
Ce qu’il y a de bien, avec Camus, c’est que tout nit par s’arranger. Il reste toujours quelques euros au fond de la sébile, une bonne âme éditoriale qui envoie des sous de Paris, un coup de chance. Il règne sur ces pages un air de life is beautiful qui réjouit le cœur. Les ronchonneries de l’auteur, ses indignations devant la pratique de plus en plus répandue au restaurant de l’« assiette poubelle » et les portes qui claquent, ses relevés de fautes de syntaxe, tout cela qui devrait à la longue m’exaspérer, eh bien cela m’amuse. Pour un peu je m’y mettrai, moi aussi, à relever tous ces symptômes de l’affaissement généralisé. Je dois avouer, du reste, faire l’objet moi-même de deux contraventions dressées par le gendarme Renaud Camus. Une manière peu élégante de parler au micro (par exemple : « quand je regarde un lm sur comment les eurs poussent », etc.) : il a raison, c’est affreux, je ne peux lui donner tort. Tout au plus puis-je faire valoir le fait que cette manière de s’exprimer, non rabotée si j’ose dire, vient chez moi d’un souci de ne pas faire précieux, quitte pour cela à faire semblant de ne pas savoir comment il faut s’y prendre. Finalement, une sorte de préciosité au carré, non ?
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Modifié par Webmaster 19/12/2011 10:52:24

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