Photo © Renaud Camus
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La Guerre de Transylvanie (Journal 1991)

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TitreLa Guerre de Transylvanie (Journal 1991)
ÉditeurP.O.L.
Date de parutionseptembre 1996
I.S.B.N.978-2-86744-536-1
2-86744-536-1 (ancienne norme)
 

Quatrième de couverture

Lundi 26 janvier. 6:14 […].
Pascale Casanova, quand elle m'interrogeait à la Maison de la Radio, l'autre jour, vendredi, avait l'air de s'étonner de la bizarrerie de ma situation sociale, archaïque, celle d'un dandy, a-t-elle dit, je crois bien… « Vous ne travaillez pas… » Comment cela, je ne travaille pas ? Moi qui suis dix heures par jour à mon bureau ! Mais je vois bien ce qu'elle veut dire. Cependant, que serait-ce si je « travaillais » ? Et comment font les gens qui « travaillent » en effet, qui vont à un bureau, qui donnent des cours, qui reçoivent des patients, des clients, des élèves, et qui pourtant répondent aux lettres, lisent des livres, en écrivent, et remercient de ceux qu'on leur envoie ? Moi, je me suis enfermé, essentiellement grâce à ce journal, mais aussi du fait de quelques contraintes tout aussi folles — comme le classement des cartes postales, des reproductions de tableaux, par ordre chronologique des peintres, avec indication de la date du jour où j'ai vu les oeuvres, et même de la compagnie dont je bénéficiais à ce moment-là (les piles de cartes postales en attente de ce traitement valent bien les piles de lettres en attente d'une réponse…) —, enfermé, donc, dans un système névrotique où le temps manque tout le temps. Mais, comme toute bonne névrose, ce système a sa fonction protectrice, et même créatrice, impulsive, « impulsionnelle ». C'est à lui que je dois cette avidité d'être qui fait les heures toujours trop courtes, les jours trop rapides, les semaines trop peu nombreuses, le monde trop vaste pour la curiosité que j'ai de lui, et qui n'est peut- être qu'une avidité de le classer, comme mes cartes postales, ou de l'écrire, comme ce journal. C'est une course avec la mort, et elle la gagnera fatalement. Mais c'est une course qui l'oblige à courir un peu, elle aussi, au lieu d'attendre paisiblement que d'ennui je tombe entre ses bras.
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