Photo © Renaud Camus
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Outrepas (Journal 2002)

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TitreOutrepas (Journal 2002)
ÉditeurFayard
Date de parution2005
I.S.B.N.978-2-213-62242-2
2-213-62242-6 (ancienne norme)
 

Quatrième de couverture

Dimanche 21 juillet, midi.
(…) Il faut un peu plus de temps, dites-vous. Mais il y a trente ans et plus que vous répétez cela, avec vos amis les Amis du Désastre. Et depuis le temps les choses n’ont pas l’air de s’arranger, malgré les assurances florides et solidement argumentées de vos experts organiques, sociologues de cour et présidents d’associations subventionnées, futurs députés et ministres, carriéristes de l’antiracisme. Au contraire, elles vont plutôt de mal en pis.
Le pays a perdu tout prestige avec tout caractère, sa littérature ni son art n’intéressent plus personne, l’Éducation nationale est une garderie qui ne sait même pas garder, la violence croît, les « communautés » se tapent dessus et s’envoient au diable, tout le monde se méfie de tout le monde, nous vivons tous barricadés et sommes chaque soir endoctrinés avec méthode dans l’imbécillité festive et dans l’aveuglement militant. La langue, elle, est de plus en plus arthritique, de plus en plus paresseuse, de plus en plus récalcitrante au détour syntaxique, c’est-à-dire à la médiation, à l’altérité de l’autre et du sens, à la sortie de soi pour y revenir changé comme si elle aussi elle avait reçu pour mission tacite de ne pas voir et surtout de ne pas dire, malgré son vacarme gâteux. Et pourquoi sortirait-on de soi, puisque ailleurs est de plus en plus pareil, pareil au même ? Il n’y a plus d’ailleurs, personne n’est étranger, pas même nous.
(…) Tenons pour acquis qu’il ne se passe rien, même si c’est encore un peu prématuré. Dans la mesure où ce serait acquis, et cette fois définitivement, il y aurait là quelque chose d’assez satisfaisant pour l’esprit, pour l’« âme », pour la volonté : un socle offert à ce qui me reste à vivre. Sans doute n’est-ce pas celui que j’eusse préféré et choisi, mais je devrais pouvoir m’accommoder de lui. Pas de public, pas d’écoute, aucune « réception », comme on dit drôlement (et en effet, tu parles d’une fête !) : non seulement il n’y faut plus penser, mais — contrepartie autrement positive — on est libre de ne plus y penser. _Outrepas.
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